Elle est super angoissée, elle a peur d'aller au collège, elle a peur en classe, n'est pas à l'aise, ne veut pas prendre la parole, pleure parfois, elle a aussi peur des autres pendant les récré... Ca fait beaucoup de peurs tout ça !
Elle m'a dit tout ça avec des larmes plein les yeux, une boule dans la gorge... Elle s'est blottie contre moi... Elle m'a demandé si je ne pouvais pas lui faire l'école moi-même ou alors, pourquoi elle n'irait pas dans une école spécialisée... Elle ne se sent pas à sa place au collège, dit qu'il y a trop de changement, que cela la perturbe,...J'avais bien remarqué que depuis quelques temps, elle était de plus en plus agressive à la maison, renfermée sur elle-même, qu'elle cherchait à s'isoler aussi,... et puis des petits problèmes survenant la nuit qui ont fait leur apparition !
Hier après-midi, elle était bizarre, comme angoissée, cherchant à s'occuper mais ne sachant quoi faire,... Elle a été perturbée parce que la maman de sa copine chez laquelle elle a passé la nuit lui a demandé de rentrer vers 13 h parce qu'ils avaient de la famille qui arrivait. J'ai trouvé cela normal mais pas elle, elle n'a pas compris pourquoi, s'est sentie exclue... Elle ruminait cela encore à 22 h !
Nous avons longuement parlé... Nous avons cherché ensemble comment nous pouvions améliorer le décor de sa chambre, les temps libres avec moi... Je lui ai aussi dit qu'elle pouvait se confier à certains professeurs quand cela n'allait pas, à l'infirmière du collège aussi... Sa prof d'anglais a une fille qui souffre du même problème alors elle peut comprendre et peut-être l'aider.
Il y a un évènement qui l'a un peu traumatisée aussi vendredi. Une de ses camarades qui habite notre village s'est faite agresser au collège par des petites merdeuses qui l'ont quand même très malmenée au point qu'elle a dû rentrer chez elle et aller chez un médecin. Ces mêmes gamines ont apparemment déjà embêté ma fille... et je crois que maintenant qu'elle sait jusqu'où cela peut aller, elle a encore plus peur !Ce matin, je me suis donc rendue au collège et j'ai pu discuter avec la conseillère d'orientation et l'infirmière qui l'ont déjà reçu parce qu'elle voulait rentrer à la maison pour des raisons diverses et différentes à chaque fois, une façon de s'échapper ! Je leur ai expliqué tout notre long et lourd parcours déjà, depuis sa toute petite enfance... sa peur du milieu scolaire, son inaptitude à rentrer dans le moule qu'on leur impose... Elles m'ont bien écouté et m'ont rassuré en me disant qu'elles seraient attentives au moindre signe de panique... Elles m'ont conseillé de la faire suivre par un psy privé, que peut-être cette fois elle serait d'accord pour coopérer... Il y en a une qui m'a demandé si on m'avait déjà parlé d'autisme à son sujet ! Non, bien sûr que non ! Mais c'est vrai qu'il y a des choses qui font qu'on peut se poser des questions... Du coup, je fais des recherches sur internet et j'essaie de comprendre ce qui peut se passer. C'est bien moi qui avais trouvé il y a 6 ans qu'elle faisait des terreurs nocturnes avec somnambulisme alors qu'aucun spécialiste ne nous donnait de réponse. Les signes étaient pourtant tous là, exactement comme cela est décrit mais on me disait qu'elle faisait des caprices ! Cela a duré plus de 3 ans ! C'est fini... enfin j'espère ! Quand à 5 ou 6 ans, en jouant, elle disait qu'elle voulait mourir, quand elle avait des visions plus que bizarres et effrayantes, on me disait aussi qu'elle allait bien ! Ca fait maintenant 7 ans qu'on cherche ce qu'elle a, ce qui ne va pas et jamais nous n'avons eu de réponse !
Si je vous raconte tout cela, tout d'abord c'est parce que ça me soulage de mettre des mots sur ces maux que je vis quotidiennement et ensuite parce que je me dis que je ne suis pas la seule et que peut-être quelqu'un me dira, je connais ce genre de problème...
Elle m'en fait voir de toutes les couleurs mais c'est ma fille et de la voir si malheureuse et mal dans sa peau me fait beaucoup de peine. Je ferais n'importe quoi pour que, enfin, elle se sente bien, qu'elle me dise qu'elle est heureuse.
J'ai lu tout à l'heure que certains enfants autistes l'étaient devenus suite à une dépression de la maman... Et je me suis toujours demandée si, à mon accouchement, quand on m'a raté la péridurale, il n'y aurait pas eu des conséquences sur sa perception des émotions. La douleur provoquée par la brèche était si intense que j'ai cru que j'allais mourir et à deux reprises, on m'a ramené au bloc pour essayer de colmater cette brèche et je laissais donc ma petite dans les bras de son papa. Je ne pouvais pas me lever pour m'occuper d'elle, de retour à la maison, je la changeais en me mettant à plat ventre, je la faisais glisser sur moi pour la prendre, je ne pouvais pas me tenir ni debout, ni assise. Cela ne lui aurait-il pas laissé des souvenirs, enfouis dans son inconscient ?Vous allez penser que je vais loin dans ma réflexion mais ça, une collègue m'en avait déjà parlé et je n'y avais pas prêté plus attention que cela...
Bon, elle va bientôt rentrer du collège et je vais essayer d'être au plus près d'elle, à son écoute, suivre certains conseils glanés sur internet...